Zoé Médard
Territoire superficiel
Résidence d'hiver

05.03 - 16.03.2019

Zoé Médard
1993 Ostende, vit et travaille entre Bruxelles et Liège
Diplômée de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège en vidéographie en 2016, elle développe depuis un langage plastique qui s'inspire de son quotidien. Il est son premier atelier.

"Devant moi un tapis et plus besoin de colorer à la couleur. Un nouveau moyen d'explorer un espace pour son territoire superficiel. Je vais/ je pense que je vais recouvrir la dalle centrale de la galerie Cdlt+ de tapis, de cartons, de tissus, de couverture. J'aimerais/ je pense que j'aimerais faire intervenir des tissus comme du tulle et du polaire.
Comme une piqûre de rappelle pour les choses qu'il est plus confortable d'oublier j'amènerai mes trouvailles à la galerie et il se passera quelque chose."

Zoé Médard, jeune artiste basée entre Liège et Bruxelles, tourne autour de plusieurs actes : collecte, découpe, disposition. Depuis la ville et ses rues jusqu’à l’espace de la galerie, Zoé investit chaque site pour développer un travail sur le territoire. Le textile récolté, glané par l’artiste orne l’espace qui lui est dédié le temps d’une exposition. Les matières et les évocations s’entrecroisent : du tapis oriental à la couverture et au carton, Zoé fait signe vers les appropriations du sol qui particularisent et sont indispensables aux existences. Elle s’attache ainsi à ce que le sol récolte de plus fragile et révèle notre aptitude à le balayer.

La découpe engendre des pertes, des lambeaux ; ceux-ci deviennent de véritables grigri une fois accrochés aux murs. Les mains de l’artiste façonnent l’espace pour en évoquer une série d’autres ; ses gestes renvoient à une infinité d’actes différents, ceux-là intimes, discrets, invisibles par lesquels chacun se rapporte à son entour et le rend habitable. 

Trône fièrement un drapeau piqué d’aiguilles soulignant la brillance et le risque de cet objet culturel. Sans doute, l’intensité du travail de Zoé Médard réside dans son attention aux dimensions les plus imperceptibles et les plus cultes du rapport aux multiples territoires dans lesquels nous évoluons : de la rue dans laquelle certains se déplacent et où d’autres vivent, du tapis qui recouvre le parquet d’une habitation cossue, des murs et autres objets protecteurs au drapeau qui transforme magiquement et périlleusement le sol en Etat-Nation. Au travers du textile et de l’acte de vêtir, elle entremêle ces ressorts multiples avec force et discrétion. 

Clémence Mercier

  • gallery-image
  • gallery-image
  • gallery-image
  • gallery-image
  • gallery-image
  • gallery-image
  • gallery-image