Mikaïl Koçak

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Sans titre, 2019, Installation, Impression Fine Art sur papier perlé, voile blanc, 100 × 60 cm / Bijoux en collaboration avec Julia Garcia Rubio pour Açık Olsun / Qu’il soit clair / Do it light 

L’œuvre de Mikail Koçak entremêle différents médiums et temporalités. L’installation, la performance, la photographie, la vidéo mais aussi la peinture et la tapisserie sont autant d’idiomes formels opérant un glissement entre histoire familiale et résonance universelle. Les archives d’une filiation sont la matière première d’une œuvre dressant le portrait d’une identité protéiforme, découlant d’un chevauchement d’héritages culturels.

Techniques variables, formats variables, langage en mutation : en s’emparant d’éléments « décoratifs » issus de son histoire personnelle, l’artiste couple le geste du collectionneur à celui de la transmission. Les symboles nomades ornant les tapis du moyen-orient, vecteurs de récits immémoriaux, évoluent en icônes propres aux nouveaux canaux de communication globalisés. La tapisserie sérigraphiée et/ou imprimée, répartie selon différents plans, superposée, coulante, souligne l’architecture invisible d’un espace domestique potentiel. Le récit, incarné dans l’essence du logis, attise la mémoire du spectateur.

« Qu’il soit clair », la possibilité d’un choix, quand tant d’autres ont déjà été posés. La parenthèse, l’état d’incertitude entre le départ et le retour. La superposition des possibles.

L’acclimatation à un nouveau territoire demande de nombreuses adaptations. Notamment la réappro- priation du temps. Ce temps se dérobe par les retrouvailles autour du thé, tant dans l’espace domestique que communautaire. S’asseoir ensemble, échanger quelques nouvelles, une série de gestes simples permettant de créer une situation, une zone hors territoires ou temporalités. 

Ces instants suspendus s’incarnent dans l’espace d’exposition à travers les installations. En modifiant la position corporelle du public, Mikail Koçak transforme également notre régime d’attention. Un jeu d’échanges de regard circule entre les frontières et les générations. 
 Divers ornements parent les murs de la galerie : bijoux de maison en pierres de jais, moulages en argent des dents de l’artiste, inserts de motifs et calandres de Mercedes. Toutes ces parures affichent différents états d’une certaine réussite, réelle ou fantasmée.

Le jais, gemme d’un noir profond coutumière de la joaillerie turque, est une pierre fossile formée par la pression océanique sur la roche sédimentaire.

La parure domestique incarne ici ces populations mouvantes, traversant les étendues maritimes et territoriales pour raisons économiques.

Il parait que lorsque l’on brûle cette matière, s’en dégage une odeur de charbon. L’odeur de la mine donc : horizon aveugle et souterrain des grand- pères, dont la quête d’émancipation financière forme le terreau de nos situations contemporaines. Situations à nouveau porteuses de leurs propres enjeux de réussite, illustrés ici par les références Bling-Hip Hop de la Merco et du grillz. 

Corps migrateurs parés de nos plus beaux atours, qu’importe les coordonnées sous nos pas, quand le ciel brille si fort. 

Pauline Salinas Segura 

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Mikaïl Koçak - Açık Olsun / Qu’il soit clair / Do it light, mai juin 2019, Cdlt+, Liège

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Un chemin étroit et sinueux, 2019, Installation, étagère en chêne, rétroviseur, chapelet en jais avec insert en argent, 20 × 30 × 12 cm / Amulette, 2019, Acrylique, pigments et vernis sur toile, 6,5 × 3 cm 

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Collaboration Julia Garcia Rubio & Mikail Koçak pour Açık Olsun / Qu’il soit clair / Do it light 

Travaillant l’argent et explorant le noir intense de la pierre de jais rapporté des montagnes d’Erzurum (Turquie) par la famille de Mikail Koçak, Julia Garcia Rubio explore des formes en résonnance avec les propositions plastiques de Mikail. Nait de cette collaboration des bijoux et des sculptures imaginées ensemble.

Ekmek parası / Gagne-pain, Vitrine Jeune Artiste, Centre d'art Les Brasseurs, 2018, Liège

Entre traditions et modernité, Mikail Koçak interroge sans cesse la persistance des héritages culturels et les identités multiples nées de l’exil. 
Son intervention dans la vitrine Jeune Artiste, activée le jour du vernissage par un acte performatif, remémore une histoire personnelle : le souvenir de sa mère et ses amies se réunissant les unes chez les autres, dans ces Ardennes belges qu’elles apprivoisaient encore, pour faire les hamur işleri (littéralement traduit par « travail de la pâte » évoquant également l’idée de « faire sa popote »). La répétition d’un geste millénaire, la fabrication du pain, permet d’évoquer à la fois la résilience des populations immigrées, et l’importance symbolique d’une émancipation économique. Un jeu sur le langage et le signifiant contextuel est d’ailleurs présent dans les expressions « faire son pain » et « gagner son pain ».
À travers la vitrine Jeune Artiste, Mikail Koçak porte à nos yeux et nos oreilles le souvenir de cette convivialité joyeuse. S’incarne alors la réminiscence d’instants qui nourrissent, qui font lien entre communauté et altérité, ports d’attache de tous les nomadismes.
Le motif est également présent à travers le tapis comme archive d’une filiation, comme canevas d’une sémiotique transgénérationnelle. La répétition du signe en ritournelle permettant le partage d’un langage commun.

Pauline Salinas Segura

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En Piste ! Musée de la Boverie, Cdlt+, 2018, Liège

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Vue de l'exposition De l'Académie (ESAVL) à La Châtaigneraie, Centre Wallon d'Art Contemporain La Châtaigneraie, Liège

Flots, Flow, 2018, Installation, Chaise pliante de plage en bois peint, tissu en coton et flocage velours, Projection audio et vidéo, 10’42’’ en boucle, Dimensions variables 

Réflexions sur le mouvement, le déplacement, les flux, la migration, l’immigration, le «Mal du pays», les vagues, les lieux de vacances et de tragédies (Méditerranée). 

Audio : sifflements de dauphins
Projetion : paroles traduites du morceau
Gurbet (1972) de Özdemir Erdoğan, sur nuages en mouvement.

À qui parler de mon chagrin, ô nuages ?
Ceux que nous considérions comme frères nous ont blessés.
Et puis il y a ce mal du pays, qui de toutes les douleurs est la plus profonde.
Dites-moi, y a-t-il des nouvelles de mes contrées ?
Ou est-ce que ces pluies seraient les larmes de ma bien-aimée ?
À l’intérieur, je brûle, ô aimée, aimée,
Ma blessure est plutôt profonde.
De ma minaudeuse, je vous en supplie, Donnez-moi des nouvelles.
Ô nuages, portez mon salut à ma bien-aimée. Dites-lui que le jour de nos retrouvailles est proche.
Et puis si le destin nous a éloigné l’un de l’autre,
Que puis-je faire solitaire à l’étranger ?
Est-il possible de vivre loin de sa tendre, dites- moi ?
À l’intérieure, je brûle, ô aimée, aimée,
Ma blessure est plutôt profonde.
De ma minaudeuse, je vous en supplie, Donnez-moi des nouvelles.

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"Bonnes Résolutions", Cdlt+ 

Détail courbe d’une tapisserie nomade 1, 2018, Acrylique et vernis à ongles sur toile, Ø 20 cm 

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Détail d’une autre tapisserie nomade 4, 2017, Acrylique sur toile, 10 x 10 cm 
Détail d’une capture numérique, 2017, Acrylique sur toile, 10 x 10 cm
Détail d’une autre tapisserie nomade 3, 2017, Acrylique sur toile, 10 x 10 cm 

Tapis en or, 2017, Acrylique et velours sur toile, 20 x 16 cm 

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Sans Titre, 2017, Aquarelle, acrylique et vernis à ongle sur papier recyclé, 21 x 15 cm 
Sans Titre, 2017, Aquarelle et acrylique sur papier recyclé 21 x 15 cm 

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"Mikaïl Koçak, dans l'urgence", Cdlt+, mars 2017

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Sans titre, 2016, Impression jet d'encre sur canevas Smyrne et noeuds fils de laine, 100x60 cm

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Sans titre, 2016, Sérigraphie sur papier peint, 9 exemplaires, 70x50 cm

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Sans titre, 2016, Impression jet d'encre sur papier peint, 500x53,4 cm

Portrait d'un motif, 2016, Acrylique sur papier recyclé, 21x15cm

Tapisserie sur papier 1, 2016, Aquarelle sur papier recyclé, 21x15 cm

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Sans titre, 2015, Sérigraphie sur papier "Canson" 250g/m2 exemplaire unique, 59x84 cm

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Mikaïl Koçak
1989, vit et travaille à Liège, Belgique
Diplômé de l’ÉSAVL, 2015

Le motif, son déplacement et sa reproductibilité sont les leitmotiv de sa recherche. Les inventaires de motifs, tels des alphabets graphiques, sont à la base de compositions personnelles qui interrogent la modification du sens du signe. 
Des objets de différentes natures, tels que des documents, des photographies, les détails de peintures, des mots lui servent de matière au devenir ornemental.
La réalité se dissèque en motifs qui remettent en question l'idée d’une origine réelle, de la matière fixe ou nomade de la permanence de l’état d’une chose ou d’un opinion. Associée à d'autres éléments, déplacée et replacée à volonté sur d'autres surfaces et espaces, se crée des manières différentes d’interpréter.
Cet exercice de récupération donne lieu à des rencontres entre personnages de différents points de vue (oriental, occidental, pictural, décoratif, typographique, historique), tout en prenant acte de leur potentiel abstrait.
Ces signes ne sont plus des représentations, mais des ornements signifiants.

 

CV

2019    Açik Olsun / Qu'il soit clair / Do it light (solo show), Cdlt+, Liège
2018     Ekmek parası / Gagne-pain, Vitrine Jeune Artiste, Centre d'Art Contemporain Les Brasseurs, Liège
2018     De l'Académie (ESAVL) à La Châtaigneraie, Centre Wallon d'Art Contemporain La Châtaigneraie (group show), Liège
2018     Uomini in cambio di carbone, cur. Lino Polegato (group show), Saint Nicolas, Belgique
2018     AAF Brussels, Cdlt+, Bruxelles
2018     Bonnes Résolutions (group show), galerie Cdlt+, Liège
2017     Uomini in cambio di carbone, cur. Lino Polegato (group show), Trévise, Italie
2017     Un Parfum qui sente bon l’amande a mer ?, exposition et publication collective, Cdlt+, Liège 
2017     En Piste!, Musée de la Boverie, Liège, Cdlt+, Liège
2017     Mikail Koçak, dans l’urgence, exposition évolutive dans l’urgence, Cdlt+, Liège 
2016     Mikaïl Koçak à la galerie Wégimont, exposition, galerie Wégimont du Churchill Liège
2015     Le nomadisme en graphisme, le cas du motif; Prière de ne pas (dé)ranger, exposition / projet de diplôme, Galerie Les Drapiers, Liège
2014     BAL masqué, exposition collective dans le cadre de la BIP OFF - musée BAL  + publication bulletin des musées de la Ville de Liège hors série, avril 2014