Elina Salminen

Née à Helsinki, vit et travaille à Bruxelles (CV)
Master en Arts Visuels à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, 2016

   Elina Salminen, dont le travail a déjà été récompensé de prix (dont le prix d'excellence de la Ville de Bruxelles et celui de la Ville de Bruxelles, le prix Moonens, le prix Médiatine / prix Macors en 2016, sélection au prix Georges Collignon 2017), expose en solo pour la première fois à Liège.
    Les œuvres de cette jeune plasticienne introduisent dans l’espace un élément de stupéfaction qui suspend le jugement, interdit l’interprétation et nous rend étrangers à nos propres schémas d’intellection. Infiniment liées au lieu d’exposition, les productions d’Elina Salminen, au tournant d’évènements plastiques inattendus, entreprennent un questionnement sur notre préconception et récognition de l’aspect physique du monde et de ses possibles. Ainsi des tulles teintés sont imperceptiblement intégrés dans un mur, ailleurs une composition en bois confond l’idée de cloison en facteur inconnu. Au fil de la visite, l’espace de « monstration » change de statut. Il n’est plus le contenant dans lequel s’intègrent les productions plastiques. Il participe, non comme activateur, mais comme élément même de l’œuvre. L’endroit varie ainsi, intuitivement, tel un pliage et dépliage dynamique de la pensée. 
    Confrontant sans cesse sa pratique aux capacités et possibilités spatiales des lieux qu’elle occupe, et derrière l’esthétique épurée des pièces, il s’agit de retranscrire un état, un instant d’ « être-là » des choses, une compréhension aussi totale que momentanée du monde. La distance entre deux points peut ainsi osciller à l’infini. Le travail d’Elina Salminen se constitue en interfaces, à la limite du figuratif, entre plasticité et structure. 
    Dès lors, peindre n’est pas décrire, mais a avoir avec l’acte d’envelopper, de contracter et de développer et d’étirer. Les associations d’images et les projections mentales fusent et flottent dans l’esprit de la plasticienne. Ne serviront à la création que celles qui s’y déposent durablement, ou surgissent frénétiques, au détour d’une forme découpée dans un bout de bois par le soleil, à l’orée d’un souvenir, d’une expérience. La masse d’une sculpture d’un cercle coloré s’encastre ou s’extrait d’une paroi, un livre aux pages en verre devient un piège à reflets et à coloris, un instrument pour les ombres, autre part une lumière s’incise dans le mur, précise de simplicité. 
    Les sources de lumière naturelle ou artificielle d’un lieu, comme la couleur en tant que matériau pur, sont sculptés par l’artiste qui peint avec ces facteurs physiques de la même manière qu’un peintre userait du travail des ombres sur la planéité d’une toile. La lumière et la couleur sont expansées dans les « sculptures-installations » par l’utilisation de leurs propriétés corporelles. Il est extrêmement difficile de faire la part entre effets d’une énergie lumineuse réelle ou l’obtention d’une couleur par canalisation des ombres et illusion de la peinture. L’idée de « profondeur », chère à la perspective en peinture, est alors ici éprouvée, techniquement, mais surtout matériellement. La réalité se construit par couches de lumière, s’élabore en plis colorés de textures. L’observation devient puissance d’action, montrant à quel point les faits sont entrelacés de réel et de représentation. 
    Derrière l’esthétique épurée du travail se révèle un savoir-faire relatif au « métier » de peinture, associé à une patience minutieuse : application de couches de peinture, rythme des temps de séchage entre chaque opération, élaboration de structures en bois, l’enduit, finitions successives de ponçage et de peinture… 
    Comme un écho, les titres activent une mise en relation particulière entre le verbe et l’objet. Une série de peintures à l’huile nous confrontent au ciel, frontal, telle une fenêtre sur le mur. Limites et incertitudes se côtoient. Ces peintures de ciel sont nommées Fly in the sky up above, un monochrome It’s dark, too dark to see, explorant l’ambiguïté d’une unité, la diversité des nuances. On interroge ici notre rapport aux possibilités qu’offre l’expérience de l’art, le pouvoir de ce verbe sur l’imaginaire.
    L’artiste ne s’inscrit pas en termes de filiation ou de rupture avec des quelconques tradition ou mouvement picturaux, mais fait ce qu’elle décrit comme un « pas de côté », avec tout ce qu’il contient de culture visuelle, de langage appris et intégré. Elle renouvelle la posture du peintre, en cultivant une technicité ancienne de la peinture dans un agir neuf. C’est dans cette mobilité que la démarche picturale d’Elina Salminen déploie toutes ses dimensions en utilisant le réel pour peindre.

Anna Ozanne

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Fly in the sky up above
2017
Huile sur toile x8,
70 x 110 cm chacune
Oeuvre d'art réalisée avec le soutien de la Fondation Moonens

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Circle
2017
Anneau en métal trouvé, peinture murale
Oeuvre d'art réalisée avec le soutien de la Fondation Moonens

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A window
2017
Acrylique sur bois, coton
81 x 110 cm
Oeuvre d'art réalisée avec le soutien de la Fondation Moonens

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I saw the light inside of you
2017
Sculpture murale en bois, dimensions variables
Oeuvre d'art réalisée avec le soutien de la Fondation Moonens

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For you uncertain silence
2016 - 2017
Livre, pages transparentes
11 x 17,8 x 2,5 cm
Oeuvre d'art réalisée avec le soutien de la Fondation Moonens

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Splinter
2016
Peinture sur bois, installation
35 x 4 x 2 cm

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Discolor
2016
Dyptique, huile sur bois
17 x 25, 18 x 24 cm

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