BLOODYMARY SHOW
02.06—29.07.2017

Sofia Boubolis, Amélie de Brouwer, Eva L'Hoest, Nathalie Ledoux, Dae Mee, Selçuk Mutlu : curateur, Frédéric Platéus, Emilien Simon

Le BloodyMary Show est une exposition brutale et poétique, criarde et incisive, proche d’une vérité enfantine mais questionneuse comme un amant jaloux qui a tort. 

Ca n'est pas l’illustration d’un moment ni un rébus graphique, ni un ensemble de preuve. C'est un ensemble d’images sensoriel émouvant qui a dépassé l’ère du soupçon. 

C’est l’histoire intime que nous avons inventé dans ce temps de la transcendance du banal. 
 

- Selçuk Mutlu

 

Selçuk Mutlu, The Show, 2017, Sang humain sur verre, dimensions variables, 1100€

Sofia Boubolis

(1981, vit et travaille à Bruxelles) produit des rêves altérés, voire patinés usant de techniques telles que dessin, peinture et fresque. Sofia Boubolis ponctue ses travaux de références classiques et romantiques : monuments en ruines, jardins luxuriants, fontaines en stuc, cavernes, tapisseries d’un hôtel italien en faillite, photos moisies oubliées dans un grenier ou cartes postales pliées en 4 dans un sac. Flirtant avec le kitsch mais en évitant la décoration de restaurant italien de seconde zone, elle parvient à conférer un ton mystérieux, dramatique et parfois morbide à son travail.

David de Tscharner, 2008 

Septembre
2017
Fusain
150x200cm

L'Etranger 3
2017
Fusain sur papier
55x73cm

L'Etranger 5
2017
Fusain sur papier
55x73cm

Amélie de Brouwer

(1980, vit et travaille à Bruxelles et Anvers) est diplômée en Arts Visuels option Peinture à l’ENSAV La Cambre (2009, Bruxelles).

"Mon travail est basé sur la tradition de la peinture. La notion de peinture, le concept d’être un Artiste et la discontinuité de l’histoire de l’Art sont différentes réflexions impliquées dans mon travail visuel. Cela va au delà de l’usage du medium et sont des stimulations pour de petites observations. L’objet pictural n’est pas le but, mon travail est davantage une combinaison d’observations, de questions et d’expérimentations plastiques. Je ne veux pas faire de la photographie avec l’object pictural, je suis davantage intriguée par la déformation/traduction de ma vision personnelle du monde." 

Canari
2017
Huile sur toile
100x120cm
1300€

Les Prolongations
2017
Pierre et acrylique
Dimensions variables
150€ par pierre

The Last One
2014
Bois, acrylique, 3m
800€ 

Eva L'Hoest

(1991, vit et travaille à Liège et Bruxelle) poursuit avant tout l'exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Elle traque les façons d'apparaître, souvent brouillées, indéterminées, de la réminiscence. Travaillant à la limite de la perception quand elle devient affect, émotion, partant des accidents de la lumière comme « l'opérateur d'une mémoire qui interprète, détourne, sélectionne ou parfois sature et altère les images»*, Eva L'Hoest est une artiste chez qui l'intuition joue un rôle déterminant. L'intuition comme méthode de travail, comme processus de décision au sens littéral puisque intuitio, « le regard », en est la racine étymologique latine.

Extract - AF Lesuisse, 2016

Til I Lie
2017
06:34, 4/3, video on LCD car device
1500€ (video, moniteur)

Nathalie Ledoux

(1990, vit et travaille à Bruxelles) est diplômée de peinture à l’ENSAV La Cambre (2016, Bruxelles) et lauréate du prix Moonens 2016. Aux frontières de l’abstraction, les paysages de Nathalie Ledoux repoussent les limites de la peinture figurative. L’exaltation de couleurs vives, décalées de la réalité sous-jacente, tout comme la liberté prise dans le travail de composition, n’est pas sans rappeler la démarche des romantiques, notamment les toiles de William Turner. Avec le paysage comme sujet, thème classique dans l’histoire de la peinture s’il en est, Nathalie Ledoux développe une pratique résolument contemporaine.

Extract - A. Ozanne, 2017

Explosion V
2017
Acrylique sur toile, 120x140cm
1300€

Dae Mee

On ne recommandera jamais trop, à tous les individus assoiffés de vérité, l'usage récurrent du sarcophage. Dans un sarcophage, on se sent bien, on éprouve la sensation, rare et recherchée, d'être pleinement en vie, doublé qu'on est – triplé parfois – par l'enveloppe qui nous y cerne. Un sarcophage vous sauvera la vie.
Et l'art, que fait-il là de plus ? Montrer l'enveloppement récursif de la vie-sarcophage. L'art est une gaine sacrée, ouvragée par l'exécutant d'un rituel ancestral, excessivement dangereux, dans le but de circonscrire en la répétant magiquement, la topologie impossible du toujours déjà mort nommé vivant. Cela ne semble pas très drôle, mais en fait, si.

Extract - La Gaine Sacrée, Patrick Brichard

Flower Art Work
2016
Fleurs figées dans du plâtre, encre céramique
1100€ 

Flower Art Work
2016
Fleurs figées dans du plâtre, encre céramique
1300€ 

Selçuk Mutlu

(1975, vit et travaille à Liège). Celui-ci a un jour été qualifié de « dandy inquiet », ce qui lui va plutôt bien. Aujourd’hui, le concept de « dandy » est devenu relativement inhabituel, on a d’ailleurs tendance à le confondre avec « snob ». Pourtant, l’un des critères du dandysme consiste précisément à pouvoir relativiser son propre moi. L’ironie est au cœur de cette notion. L’inquiétude de Mutlu n’est pas d’ordre paranoïaque, mais se situe plutôt dans un pessimisme obstiné et se traduit par une quête constante des moyens d’expression les plus efficaces : exécutions rapides et spontanées, ellipses et répétitions formelles, dessins, peintures, vidéos, installations, performances éphémères, poésies écrites ou proférées. (...)

Dans son travail, l’artiste analyse en profondeur sa propre identité qu’il cherche, selon ses dires, « à travers un autre filtre que celui de la peur ». Thanatos, qui joue un rôle crucial dans sa pensée, sa vie et son travail, a attisé sa fascination pour Éros : une composante pornographique affirmée apparaît régulièrement dans ses dessins à l’encre ou réalisés avec son propre sperme. De même que dans ces actions où il porte un masque masochiste. Séduction et châtiment, victoire et défaite, provocation et souffrance, privé et public : dans le labyrinthe du travail de Mutlu, il faut sans cesse réaffirmer son choix, dont, pourtant, chaque élément est inextricablement mêlé à son contraire. »

Sara Weyns, directrice du Middelheimmuseum, Anvers.

Frédéric Platéus

(vit et travaille à Liège) À la recherche de la forme plastique parfaite synthétisant les cultures urbaines et populaires qui le passionnent, Frédéric Platéus réalise dans des matériaux sophistiqués et industriels des sculptures qui surgissent comme des appendices surnaturels... Le caractère artificiel des prothèses qu’il réalisait dans l’atelier de son père semble avoir déterminé son travail qui, du graphisme à la sculpture, procède par « customisation » d’une matrice existante.

Extract - Julien Foucart Commissaire de l’exposition au Mac’s, 2014

Headbanger
2017
Bois, mousse, film PVC, 35x43cm
1200€

Emilien Simon

(1990, vit et travaille à Bruxelles) est diplômé de l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles.
C’est par l’exploration de formes hybrides qu’Emilien crée des sculptures amovibles (itinérantes et pluri-morphes dans leurs rapport au lieux d’Installation) lui permettant ainsi, tant d’interroger les modèles de perceptions, que de décloisonner les pratiques conditionnées par la nature des médiums.
Ses dispositifs d’installations sont conçus comme des dispositifs sensoriels dépassants la notion de sculpture et d’image tels des montages vidéos en trois dimensions ; le spectateur y circule comme un témoin prit dans un lapse de temps dépassant les limites classiques de l’écran, la narration ne s’y véhiculant que par la rencontre des matériaux dans un même faisceau lumineux.

Jacques Lizème
2017
Ticket d'amende SNCF-TGV, 33x43cm
196€